Une fille facile, de Louise O’Neill, chez Stéphane Marsan Éditions

Un livre d’une rare intelligence sur un sujet qui, lui, est hélas trop fréquent.

Emma, 18 ans, a tout pour elle, une famille aimante, des ami(e)s fidèles, un très bon parcours scolaire, et un physique de rêve.

Et pourtant cela ne lui suffit pas, elle qui ne cesse de vouloir toujours plus d’attention, toujours plus de compliments, toujours plus de regards. Emma veut être le centre du monde, et elle va malheureusement être exaucée de la pire des façons.

Le début du livre nous dépeint une Emma quasiment détestable, à qui on aimerait donner des gifles pour la faire redescendre sur Terre. Égoïste, égocentrique, menteuse, jalouse, superficielle… bref, insupportable. Du moins jusqu’à ce soir là. 


Mais l’auteure n’a pas pris le parti de faire d’elle une garce, puis, subitement une victime. Non, même après ce soir là, nous ne basculons pas d’emblée du « côté » d’Emma. Le chemin, celui du personnage principal et celui du lecteur, est un peu plus ardu que ça. Et je trouve que c’est là toute l’intelligence du roman; la réflexion qu’il nous amène à avoir. Parce que voir Emma en victime n’est pas une évidence immédiate, pas même pour elle. Après avoir appris à la juger pendant 80 pages, le basculement ne se fait pas automatiquement.

Alors, à quel moment une victime devient-elle une victime ? À partir de l’instant où elle subit l’indicible, ou seulement à partir de celui où nous lui accordons ce titre ? À partir de quels critères certains pensent que la fille a pu « le chercher » ? Comment se fait-il qu’en 2018, nous puissions encore ne serait-ce que suggérer que c’était peut-être « mérité » ? Au nom de quoi une victime serait-elle moins à plaindre qu’une autre à cause de sa manière de vivre, de s’habiller ou de s’amuser ? Pourquoi la honte devrait l’emporter sur le droit ? Et surtout quand pourrons-nous cesser de nous poser ces questions ? 


Le New York Times dit de ce livre qu’il est « Aussi fascinant qu’essentiel », et c’est absolument vrai ! À lire absolument. 

Synopsis :

« Quand tu prononces un mot comme celui-ci, tu ne peux plus faire marche arrière. Fais comme s’il ne s’était rien passé. C’est plus simple comme ça. Plus simple pour toi. »

Emma a dix-huit ans, c’est la plus jolie fille du lycée. En plus d’être belle, elle est pleine d’espoir en l’avenir. Cette nuit-là, il y a une fête, et tous les regards sont braqués sur elle.
Le lendemain matin, ses parents la retrouvent inanimée devant la maison. Elle ne se souvient de rien. Tous les autres sont au courant. Les photographies prises au cours de la soirée circulent sur les réseaux sociaux, dévoilant en détail ce qu’Emma a subi. Les réactions haineuses ne se font pas attendre ; les gens refusent parfois de voir ce qu’ils ont sous les yeux. La vie d’Emma est brisée ? Certains diront qu’elle l’a bien cherché.

 

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2 commentaires sur “Une fille facile, de Louise O’Neill, chez Stéphane Marsan Éditions

    1. Oui, c’est bien le titre en VO. Ne l’ayant lu qu’en français je ne peux pas affirmer que la traduction du texte soit à la lettre, mais je le suppose très fortement vu le ressenti que le livre nous laisse une fois terminé.
      Je pense qu’il te plaira. Ce n’est pas un roman à lire parce qu’il est « à la mode », mais parce qu’il fait passer un vrai message. Je lirai ton retour avec plaisir quand tu le posteras ! 🙂

      Aimé par 1 personne

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